lors que les autorités françaises se contentaient jusqu'à présent de demander un jugement en France des personnes inculpées au Tchad, dans le cadre de l'affaire de L'Arche de Zoé, Nicolas Sarkozy a franchi un palier supplémentaire, mardi 6 novembre au Guilvinec, en annonçant haut et fort son intention d'aller "chercher tous ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait".
Le président de L'Arche de Zoé refuse d'être traité de "criminel"
Dans un entretien au journal Sud-Ouest du 6 novembre, Eric Breteau, le président de L'Arche de Zoé, clame son innocence et dit ne pas comprendre les raisons de sa détention. "La seule chose que
j'ai faite, c'est que j'ai voulu sauver des enfants qui sont dans la détresse. Aujourd'hui, on parle de moi comme d'un criminel, alors que je suis le seul à avoir essayé de faire quelque chose
pour le Darfour", déclare-t-il. L'homme incrimine les journalistes, qu'il juge "pas très sérieux dans [leur] manière de couvrir cette affaire".
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"Le rôle du chef de l'Etat est de prendre en charge tous les Français", a expliqué M. Sarkozy, deux jours après une visite éclair à N'Djamena, d'où il a ramené quatre hôtesses de l'air espagnoles
et trois journalistes français, qui restent inculpés au Tchad. Après s'être désolidarisé de l'opération de rapatriement de dizaines d'enfants préparée par L'Arche de Zoé, le président avait
toutefois "souhaité", dimanche dans la capitale tchadienne, que les ressortissants français puissent être jugés en France.
"QU'ILS GOÛTENT À NOS PRISONS !"
Mais l'ambition affichée par Nicolas Sarkozy dans ce dossier risque de se heurter frontalement aux visées du pouvoir tchadien, confronté à une opinion publique mécontente. Mardi matin, le ministre de l'intérieur tchadien n'a pas hésité pas à lancer à propos des "bandits" de L'Arche de Zoé : "Qu'ils goûtent à nos prisons !" Dès lors que "les faits ont été commis au Tchad", "ils doivent aussi purger leur peine dans le pays", explique Ahmat Mahamat Bachir dans Le Parisien.
"Nous avons une justice compétente, et un procès en France constituerait une insulte pour le peuple tchadien. (...) Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici", insiste M. Bachir, avant de conclure : "Et une fois qu'ils auront purgé leur peine, nous les expulserons du pays une bonne fois pour toutes."
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